E comme Écrou : le numéro 239 de Jules HESS

Jusqu’à présent, nous avons découvert les parents de Jules HESS, Marie Anne AUER et Benjamin HESS, leur ville natale de Colmar, mais aussi quelques éléments de leur vie et de leur parcours.

Nous allons maintenant faire un bond de plusieurs années et retrouver Jules HESS en 1894.

Pour cela, un document particulièrement précieux est venu enrichir mes recherches : le registre d’écrou de la prison de Tours.

Un numéro pour identifier un prisonnier

Dans les établissements pénitentiaires, chaque personne incarcérée se voit attribuer un numéro d’écrou.

Ce numéro permet à l’administration de suivre le détenu tout au long de son séjour : son identité, son âge, son lieu de naissance, les motifs de son emprisonnement, son parcours pénitentiaire, mais également les décisions concernant son transfert ou sa libération.

Pour Jules HESS, ce numéro est le 239.

Et cette simple référence nous permet d’ouvrir une nouvelle page de son histoire.

Jules HESS, écrou n° 239

Le registre nous donne plusieurs informations qui permettent de confirmer qu’il s’agit bien de notre Jules.

Il est indiqué sous le nom de HESS Jules, âgé de 38 ans.

Son lieu et sa date de naissance correspondent également aux informations que je connais : Troyes, le 29 mars 1856, dans le département de l’Aube.

Nous retrouvons donc ici le Jules HESS que nous suivons depuis le début de ce Challenge AZ.

Mais cette fois, il n’est plus l’enfant de Benjamin et de Marie Anne.

Il est devenu un homme de 38 ans, confronté à la justice et à l’univers carcéral.

Un père déjà condamné

Lorsque nous avons découvert Benjamin HESS, nous avons évoqué un épisodede sa vie.

Le 13 avril 1861, alors qu’il réside à Limetz, dans le département de Seine-et-Oise, Benjamin est condamné à 24 heures d’emprisonnement pour vol à Mantes-la-Jolie.

À cette époque, Jules n’a que cinq ans.

Il serait évidemment imprudent d’établir un lien direct entre la condamnation de son père et le parcours judiciaire de Jules. Mais cette similitude constitue un élément troublant de l’histoire familiale.

Père et fils auront tous deux connu la justice et la prison.

Pour Benjamin, l’emprisonnement ne dure que 24 heures.

Pour Jules, les conséquences vont être autrement plus lourdes.

Derrière le numéro 239, un homme

Ce qui me frappe dans ce document, c’est le contraste entre la froideur administrative du registre et ce qu’il représente pour une recherche généalogique.

Quelques lignes suffisent à résumer une existence :

HESS Jules — 38 ans — né à Troyes le 29 mars 1856 — écrou n° 239 — 20 ans — relégué.

Derrière ces quelques mots se trouve pourtant un homme, un fils de Benjamin HESS et de Marie Anne AUER, un enfant qui avait grandi au sein d’une famille de huit enfants.

Quelques décennies auparavant, son père avait connu lui aussi la prison pour un vol commis à Mantes-la-Jolie.

Parfois, en généalogie, un simple numéro d’écrou suffit à faire basculer une recherche dans une tout autre histoire.

Rendez-vous demain à la prochaine lettre F


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