
Après avoir découvert Marie Anne AUER, son époux Benjamin HESS et la ville de Colmar, leur ville de naissance, poursuivons notre découverte de cette famille avec un nouvel élément retrouvé dans les documents : la profession de Marie Anne.
À la fin de sa vie, Marie Anne AUER est déclarée comme dévideuse.
Un métier dont le nom peut aujourd’hui sembler quelque peu mystérieux. Pourtant, derrière ce simple mot inscrit dans un acte, se cache une activité importante dans l’industrie textile du XIXᵉ siècle.
Qu’est-ce qu’une dévideuse ?
Le terme « dévideuse » désigne une femme dont le travail consiste à dévider les fils, c’est-à-dire à les dérouler d’un support pour les enrouler sur un autre, sous une forme adaptée aux opérations textiles suivantes.
Cette étape peut sembler secondaire, mais elle est indispensable dans la préparation du fil.
Avant de pouvoir être utilisé pour le tissage ou d’autres opérations textiles, le fil doit être correctement préparé, trié et enroulé.
La dévideuse intervient donc à l’une de ces étapes de préparation.
Un métier essentiellement féminin
Au XIXᵉ siècle, de nombreuses femmes travaillent dans le secteur textile.
Les activités liées au fil et au tissu offrent notamment des emplois aux femmes issues des milieux populaires.
Le travail de dévideuse est souvent un travail manuel, répétitif et minutieux.
Il demande de l’attention et une certaine habileté afin de manipuler les fils sans les casser et de réaliser des bobines ou des écheveaux réguliers.
Marie Anne AUER, une femme au travail
Ce détail professionnel est particulièrement intéressant dans le parcours de Marie Anne.
Née à Colmar en 1821, fille d’un vigneron, elle épouse Benjamin HESS à Mulhouse en 1848.
Elle devient ensuite mère de huit enfants.
Son parcours nous montre donc une femme qui, malgré les responsabilités liées à une famille nombreuse, exerce également une activité professionnelle.
Cette mention nous donne un aperçu de son quotidien et de sa place dans la société de son époque.
Une profession retrouvée au fil des actes
En généalogie, les professions sont souvent de précieux indices.
Elles permettent de suivre les évolutions d’une personne, de comprendre ses conditions de vie et parfois même d’expliquer certains déplacements géographiques.
Pour Marie Anne AUER, le terme « dévideuse » nous apporte une petite fenêtre sur sa vie professionnelle.
Il nous rappelle surtout qu’elle n’était pas uniquement une épouse et une mère de huit enfants.
Elle était également une femme qui travaillait.
Une dernière étape avant Rouen
Lorsque Marie Anne AUER exerce ce métier, elle est déjà dans la dernière partie de sa vie.
Marie Anne terminera finalement sa vie à Rouen, où elle décède le 5 janvier 1875.
Ainsi, le mot « dévideuse », retrouvé dans son acte de décès, nous permet de faire revivre, le temps de quelques lignes, une femme dont la vie pourrait facilement se résumer à quelques dates.
Mais en généalogie, chaque détail compte.
Un métier, une adresse, une signature ou une simple mention dans un acte peuvent parfois nous permettre d’approcher au plus près la vie quotidienne de nos ancêtres.
Rendez-vous demain à la prochaine lettre E
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