C comme Conversat

Aujourd’hui, je vous propose de rencontrer Anatole Alphonse Amédée CONVERSAT. Lui, n’est pas dans les recensements de la population de Cormost. Mais pourquoi en parler ? En parallèle du relevé des recensement, je me suis interessé à la presse pour savoir si des évèvements concernant la commune de Cormost étaient relatés dans la presse sur RetroNews et j’ai trouvé cet article du 24 juin 1887 :

TENTATIVE D’ESCROQUERIE. — FAUSSE ATTAQUE

Nous avons déjà parlé de cette affaire qui concerne un sieur Conversat, détenu.

Chaton Hippolyte, garde champêtre à Cormost, revenait de faire sa tournée lorsqu’il entendit crier : À l’assassin ! au voleur ! Il s’approcha de l’individu qui était complètement déshabillé et qui se couvrait la figure avec ses bras. Cet individu continuait à crier. Des personnes arrivèrent, on voulut le couvrir avec une blouse, il s’y refusa. On suppose qu’il voulait avoir un habillement complet.

Drifort Pierre, 84 ans, vacher à Cormost, marchait avec ses vaches quand il a entendu crier : À l’assassin. Il n’y avait personne autour de l’individu qui criait.

La femme Bavoil, 48 ans, aubergiste à la « Belle-Etoile » déclare que le prévenu lui a dit en regardant ses volailles : — Madame, vous avez de jolies poules, voilà un beau coup de fusil à faire.

Cet individu n’avait pas de chemise. Il a dit aux gendarmes : — La justice, et les gendarmes, c’est tous des galériens. C’est de la faute des gendarmes, si j’ai été dévalisé…

Or il a été prouvé que Conversat n’a pas été dévalisé.

Prot Octave, était à la « Belle-Etoile » quand le prévenu est arrivé. Il a dit : Je connais tous les trucs, je connais tous les vices et, dans cinq minutes je serai habillé et neuf.

Duval, brigadier de gendarmerie à Bouilly, a procédé à une enquête. Le prévenu a déclaré qu’il avait quitté Paris avec 76 francs et qu’il était habillé à neuf. On l’a conduit dans le bois où il avait dit avoir été dépouillé : pas de traces de lutte nulle part. L’accusé a simulé une fausse attaque.

Conversat Anatole-Amédée-Alphonse, né à Montigny, manouvrier. a alors été interrogé. — A toutes les questions que lui pose M. le président, il dit : «Attendez… attendez…» Quand on lui demande s’il a été déjà condamné, il répond encore «Attendez !… » M. le président énumère les nombreuses condamnations qu’il a subies.

— Enfin, monsieur le président, voulez-vous me donner la parole ?…

Le prévenu explique ensuite qu’il a de l’argent tout le temps, et que si on veut lui « confier » deux gendarmes pour aller à Croncels, il rapportera un paquet d’effets avec 5 francs dedans. C’est sa réserve… À la Belle-Étoile, il a « bu » trois gouttes et deux cigares. C’est en sortant, dans le bois, qu’il a été « parterré ». Plusieurs individus sont tombés sur lui, on l’a bâillonné et on l’a dépouillé.
« Il y en avait troisse qui n »avaient des chapeaux et deusse qui n’avaient des casquettes … Quand j’auraient été condamné, ça ne prouve rien du tout.
« Si vous jugez à propos de remettre l’affaire à huit jours, vous voyez que je vous serre de près… »

M l’avocat de la République requiert contre le prévenu une condamnation sévère.

Le chef d’outrages à agents étant écarté, Conversat est condamné, pour escroquerie, à trois mois d’emprisonnement et aux dépens.

Suite à cet article, je me suis rendu sur le site des Archives Départementales de l’Aube pour voir les registres d’écrou et retrouver l’écrou n° 318, correspondant à son arrestation pour vagabondage, puis l’écrou n° 426, correspondant à sa condanation pour escroquerie, relatée dans l’article ci-dessus.

Qui est Anatole Alphonse Amédée CONVERSAT ?

Grâce aux renseignements trouvés sur le registre d’écrou, j’ai trouvé son acte de naissance (acte n° 14) à Montigny-les-Monts (et non Montigny-sur-Aube). Anatole Alphonse Amédée est né le 19 novembre 1844 à 2 heure du matin, fils d’ Alphonse, menuisier, et de Reine Appoline CUISIN.

Ensuite, j’ai recherché son décès que j’ai trouvé dans les Archives de Paris. Anatole Alphonse Amédée est décédé le 17 février 1888 à Paris dans le 14ème arrondissement et plus précisément au 42 rue de la Santé qui correspond à la Prison de la Santé.

Cet article m’a permis d’explorer les registres d’écrou et de découvrir la mine d’information qu’on peut y trouver, mais également d’utiliser le site RetroNews.

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